Visite Pastorale en 1745 et 1746

st-hilaire-de-poitiers.jpgSt Hilaire

Visite pastorale faite en 1745 & 1746,
par Monseigneur Henri-Constance de Lort de Sérignan évêque de Mâcon

Cejourd'hui seizième du mois de juillet mil sept cent quarante-six, après midi.

HENRY CONSTANCE, par la miséricorde de Dieu et l'autorité du Saint Siège, évêque de Mâcon, savoir faisons qu'en continuant les visites générales de notre diocèse, et étant arrivé à cet effet en la paroisse de Saint-Hilaire dont la fête se célèbre le quatorzième janvier, où après avoir été reçu et fait les prières accoutumées, en conséquence de la publication du mandement de notre visite, faite au prône le dimanche précédent, ont comparu pardevant nous, Me Benoît Alex, prêtre, curé dudit lieu, Mre Louis Dubecq, chevalier, seigneur de la Motte, Noèl Fouiard, Jean Robin, fabriciens, Jean Chavoin, Antoine Deville, Pierre Boizet, Pierre Villerds, Jean Nicot, Claude Alex, Pierre Brosselard, Pierre Durantet, Benoît Durantet, François Moreau, Claude Guillaume, Louis Deville, Blaize Brossette, Marque Penechon, Jean Durantet, Louis Valorge, Etienne Fontaimpe, Jean Villerest, Blaize Cartellier, André Bonnebas, Claude Robin, Etienne Narboux, tous habitants faisant et composant la plus saine et plus nombreuse partie de ladite paroisse, convoqués au son de la cloche. Les décimateurs ni personne en leur nom, ni autres intéressés si aucuns sont, ne comparant, contre lesquels non comparants notre vice-promoteur a requis défaut que nous lui avons octroyé, et à sa réquisition avons procédé à la visite d'icelle église, accompagné de notre vicaire général, et dressé le présent procès-verbal en la manière que s'ensuit.
Premièrement, quant aux choses nécessaires pour la célébration de l'office divin et l'administration des Sacrements, nous avons reconnu un ciboire médiocre dont la coupe n'est pas dorée en dedans il est couvert d'un pavillon d'étoffe de soie brochée en or et en argent, très propre.
Plus un soleil aussi d'argent dont le croissant n'est pas doré.
Plus un calice avec sa patène d'argent, dorés en dedans.
Plus une custode de vermeil très belle (il y manque une croix et une goupille à la charnière de devant), fermée dans une bourse de velours fort propre.
Le tabernacle est doublé de papier marbré, c'est un hexagone de vingt pouces de hauteur sur un pied [de large], chaque face ornée de deux colonnes torses dans chaque angle.
Les accompagnements sont des panneaux ornés de même, avec des niches et des images en peinture il y manque plusieurs pièces, il est écaillé et la dorure est en très mauvais état, ainsi que la portière qu'il faut enlever lorsqu'on est obligé d'ouvrir ledit tabernacle.
Au-dessus est une seconde caisse un peu plus étroite, de même figure et dans le même état, surmontée d'un petit dôme, au-devant de laquelle on expose le Saint Sacrement.
Le tout repose sur un double gradin de bois chêne peint, sur lequel nous avons trouvé un crucifix de  cuivre, quatre chandeliers de cuivre et quatre vases de faïence.
Au-dessus de la fenêtre, derrière ledit tabernacle, est un tableau représentant le coeur de Jésus, de deux pieds et demi de hauteur sur deux de large, en état, dans un cadre de bois noyer.
De chaque côté de ladite fenêtre dans le coin du mur est un buste de grosseur naturelle, doré et peint en entier avec son piédestal, le tout de la hauteur de trois pieds, posé sur une pierre qui sort du mur, représentant l'un saint Philibert et l'autre saint Hilaire celui du côté de l'épître est fendu indécemment et a besoin de réparation. La dorure est en mauvais état.
L'autel est d'une seule pierre, longue de six pieds et demi n'ayant aucune marque de consécration, sur laquelle néanmoins on célèbre de temps immémorable ;  il est couvert d'un tapis de toile peinte en état.
La contretable est un cadre de noyer simple et usé dans lequel on a monté un devant d'autel de cuir doré à fond bleu, en état on y monte par une marche en état.
Les fonts baptismaux sont à l'entrée principale dans une cuvette de pierre octogone, dans laquelle on a incrusté une cuvette de cuivre de deux pieds de diamètre, en état, surmontée d'une menuiserie hexagone et d'un petit couronnement, le tout de la hauteur de quatre pieds environ sur un pied et demi, chaque face fermant à clef très proprement; il y a une coquille pour verser l'eau qui tombe immédiatement dans la piscine, creusée dans un pilier de pierre attenant à la première cuvette, en état, du côté de l'évangile.
Les Saintes Huiles sont dans deux ampoules d'étain renfermées dans un grand vase aussi d'étain, en état. L'huile des infirmes se conserve séparément dans une petite ampoule d'étain, en état.
Le confessionnal est du côté de l'épitre, de sapin usé et mal en ordre.
La chaire à prêcher est de noyer à cinq pans, fort propre, portée sur un seul pied tourne, sans dais ni dossier, contre le mur du côté de l'évangile dans la nef on y monte par une rampe de bois en état.
Vis-à-vis les fonts baptismaux, du côté de l'épître, est un grand bénitier de pierre, posé sur un massif de pierre autre bénitier de cuivre usé pour l'aspersion.
Contre le mur qui sépare le choeur de la nef, de chaque côté est un autel en bois avec le gradin et marchepied de même, de six pieds et demi de longueur.
L'autel du côté de l'évangile est sous le vocable de la Sainte-Vierge et de Saint-Joseph, représentés en très belle peinture dans le tableau cintré à cadre de bois peint en blanc servant de retable, de quatre pieds de large sur six de hauteur, couvert d'un rideau d'indienne avec sa tringle.
Il y a un crucifix, quatre chandeliers et deux vases sculptés et dorés fort propres avec une statue de la Sainte Vierge en faïence peinte, de la hauteur de quinze pouces, en état.
Sur ledit autel il y a un marbre où il ne paraît aucun tombeau, couvert de deux nappes simples, dont l'une à dentelles, et d'un tapis d'indienne assez propre.
Le devant d'autel est d'un gros de Tours rouge, les galons de taffetas brodé blanc et bordés de rubans verts, fort propres.
L'autel du côté de l'épître est sous le vocable de Saint- Hilaire, représenté dans le tableau qui sert de retable, dans un cadre de bois peint et cintré, en belle peinture. Il y a un crucifix de cuivre et deux chandeliers de même, à l'antique.
Il est couvert de deux nappes dont l'une fort mauvaise et la seconde propre et à dentelles, avec un tapis de toile peinte.
Le devant d'autel est de satin à fleurs, vert, à galon d'or faux, mal entretenu.
Enquis s'il y a quelques services auxdits autels?
Répond le sieur curé qu'il n'y en a aucun, mais que l'autel de Saint-Joseph est entretenu aux frais de sieur Louis Dubec, chevalier, demeurant dans son château de Saint-Hilaire, à qui les habitants et le sieur curé assemblés l'ont accordé avec droit de banc dans le choeur, à la charge par ledit sieur de fournir ladite chapelle des ornements convenables par acte reçu Arcelin, le 12 avril 1744, coté A.
Ayant demandé ensuite à être introduit dans la sacristie, on nous a conduit par une porte posée dans le choeur du côté de l'évangile, dans une espèce de chapelle voûtée en coquille, éclairée en matin par un vitraux (sic), construite extra lectum, de quinze pieds de longueur sur six de large, extrêmement humide, dans laquelle il y a un autel de pierre porté par un massif de maçonnerie, couvert d'un mauvais tapis de soie, servant à étendre les ornements suivants :
1° Une chasuble de satin rayé, très usée, complète; l'étole et le manipule sont en mauvais état et mal tenus.
Autre de camelot gaufré, violette, complète, en état.
Autre de camelot gaufré noir, usée, complète. Le voile rompu en deux parties l'étole et le manipule hors de service.
Autre de satin vert à fleurs, sans bourse.
Un pavillon de garance de toutes couleurs, un tour de dais de cadis rouge, malpropre et déchiré dans le fond. Autre pavillon de soie, pourri par l'humidité. Un drap mortuaire.
2° Deux sous-nappes à la Venise très usées, une grande nappe rompue, une seconde à la Venise, bonne, une sous nappe doublée, usée, à la Venise. Deux garnitures de nappes de communion unies, dont une très usée et rompue. Quatre mauvais lavabos, trente purificatoires, trois corporaux dont deux percés, trois pales usées. Six amicts, un cordon, une aube très usée; deux autres aubes remplies de pièces et un cordon de laine qui a perdu sa bénédiction, deux surplis usés.
3° Une clochette pour la messe, deux burettes d'étain avec un plat de cuivre, une croix processionnelle de cuivre et une bannière de taffetas cramoisi représentant d'un côté saint Hilaire et de l'autre saint Jean, assez décente, avec une croix de cuivre argenté au bout de la lance. Une lampe d'étain, un encensoir de cuivre avec sa navette il n'y a point de fanal pour le viatique. Le tout fermé dans un buffet à tiroir posé en soir.
Un missel romain et un petit pour les morts, en état, un  rituel usé, un graduel et un antiphonaire in-12, usés, deux missels hors de service, deux coussins hors de service, une représentation et quatre chandeliers de fer. Un lutrin de noyer en état, couvert d'un tapis de cadis violet en état. La voûte de la coquille est endommagée.
L'église est composée de trois parties, sanctuaire, chœur et nef  (Reconstruite en 1835, l'église de Saint-Hilaire a cependant conservé son ancienne porte gothique, accostée de deux pinacles et surmontée d'un arc en accolade. Par une disposition assez originale, les bases des moulures prismatiques sont serties d’une cordelière).
Le sanctuaire est pavé en carreaux de terre, éclairé en matin et midi par deux vitraux bien entretenus. Il peut avoir onze pieds de profondeur sur dix de large, fort humide. Du côté de l'épître est le siège du sieur curé. Il est voûté proprement.
On descend au choeur par une marche en pierre il est carrelé aussi en terre avec un tombeau au milieu. Vis-à-vis la porte de la sacristie est une seconde porte par où l'on entre dans une chapelle parallèle à ladite sacristie et de même construction servant de décharge à l'église.
De chaque côté est un banc massif de bois pour les chantres.
Du côté de l'évangile, au fond du choeur, joignant la table de la communion, une chaise entre deux, est le banc du sieur Dubec, à lui accordé aux conditions ci-dessus énoncées à l'article de la chapelle de la Sainte Vierge et Saint-Joseph. Ledit choeur est bien voûté et la voûte est une continuité de celle du sanctuaire il peut avoir treize pieds de long sur dix de large.
Il est séparé de la nef par une balustrade en bois servant de table de communion, en état, au-dessus de laquelle est une traverse de bois, surmontée d'un crucifix en état. Contre le pilier de séparation avec la nef est le tronc de la fabrique.
On descend dans la nef par un degré en pierre.
Ladite nef est lambrissée; la poutre qui soutient le lambris de matin en soir est étampée au milieu par un pilier de bois et des jambes de force sans indécence. Elle est éclairée en midi par un grand vitraux (sic), et en bise par deux petits, bien entretenus elle peut avoir seize pas en carré. Du côté de midi, le long du mur, est une grande porte servant de banc pour s'asseoir.
On entre dans ladite église par deux portes, l'une principale, en face du maître-autel en menuiserie fort propre, au devant de laquelle est un chapiteau porté sur deux piliers de bois en état.
L'autre, du côté de l'évangile, au bas de l'église, aussi en état.
Visite faite des murs et de l'extérieur de l'église ils nous ont paru en bon état ainsi que la couverture à tuiles creuses, à l'exception du campanier élevé au-dessus du mur qui sépare le choeur de la nef, au dedans duquel sont deux cloches bien sonnantes dont le mouvement ébranle ledit campanier.
Le cimetière environne ladite église de toute part; il est clos de murs en midi, soir et partie bise le reste est en haies vives. La croix de pierre est posée sur l'angle du mur en soir accolant midi, en état. Le tout avec ladite église, de la contenue d'environ deux mesures, confine de matin les maison et jardin du sieur Dubec, de vent le chemin de l'église de Saint-Hilaire à VLllers, de soir le grand chemin de Coutouvres à Charlieu, de bise le pré du sieur Dubec. Après quoi avons interrogé le sieur curé et autres susnommés, comme s'ensuit.
1° Qui nomme à la cure?
Répondent que la nomination appartient au sieur prieur de Charlieu.
2° Combien il y a de hameaux, de communiants et de quel ressort?
Répondent qu'il y a environ deux cent quarante communiants dans quatre hameaux, savoir la Liene, Verchat, la Goujaterie, la Robinerie, les trois premiers de la sénéchaussée de Lyon, élection de Roanne, parlement de Paris, la Robinière (sic pour la Robinerie) du baillage et élection de Beaujolais, parlement de Paris.
3° Quel est le seigneur haut justicier ?
Répondent que c'est le sieur prieur de Charlieu.
4° Qui sont les décimateurs et à quelle quotité se perçoit ladite dîme ?
Répondent que le sieur prieur de Charlieu pour la plus grande partie et le célérier sont décimateurs dans ladite paroisse et que ladite dîme se lève sur le froment, seigle, vin et même grains qui se lient, et chanvre, de treize la quatorze, et après que les gerbes et bennes de vendanges et poignées de chanvre, provenant de la dime, ont été mises à part, le propriétaire du fonds prend la dîme sur lesdits fruits, de neuf la dixième.
A l'égard des nombres rompus, lorsque le décimateur a recueilli d'un champ plusieurs gerbes, il ne dîme point les nombres rompus mais lorsque dans un champ il y a peu de gerbes, le décimateur prend de plus le plus, de moins le moins. Le vin se dime partout de plus le plus, de moins le moins. Le propriétaire ne prend rien sur le décimateur, lorsqu'il n'y a pas dix gerbes, dk bennes de vendanges ou dix poignées de chanvre. La dîme est quétable les fonds dépendant de la terre du Poyer ne payent la dîme que de vingt la vingt et une, sur toute chose décimable. Les grains qui ne se lient point ne sont point sujets à la dime.
5° Qui sont les fonds et les revenus de la cure ?
Répondent que le sieur Pierre Foyvard, ci-devant curé de Saint-Hilaire, abandonna les fonds anciens de la cure et la dîme dont il jouissait pour opter la portion congrue de trois cents livres. Le sieur Charles Seguin, successeur du sieur Foyvard, transigea avec le sieur prieur et les religieux de Charlieu qui lui abandonnèrent les fonds de ladite cure et la totalité de la dîme sous une refusion en argent le sieur Joseph Alex, son successeur, maintint ledit traité sous une refusion de cent quatre-vingt-dix livres, et le sieur Benoît Alex, curé d'aujourd'hui, a traité avec les mêmes religieux et jouit de la dîme en entier, moyennant deux cent vingt livres qu'il paye annuellement audit couvent de Charlieu, attendu qu'avant lesdits traités le curé jouissait de la grande dîme en entier et qu'il percevait la moitié de la petite dîme appartenant au célérier. Nous avons demandé les confins de ladite grande dîme pour conserver les droits dudit bénéfice et servir ce que de raison, et nous ont dit les habitants qu'elle est confinée par le chemin tendant de l'église de Villars (sic) à Ressins, dudit Rcssins on descend par l'étang de la Rarolle et aux Guidauche, de là au pré de Noël Foyvard, où il se trouve une limite de ladite dîme; de ladite borne à une seconde, plantée dans les terres du sieur Delaforges au-dessus du bois du seigneur de Ressins et d'icelle borne à l'étang de la Joye. De là, en descendant par le milieu du pré de la Joye qui joint ledit étang, et de là en remontant à une autre borne, plantée audessus près le domaine de l'Hôpital de Charlieu, laquelle joint une haie, et de là visant à la borne plantée dans une terre près le domaine du sieur Bourbon, de cette borne au creux appelé Grouillard, au-dessus d'un pré dépendant d'un domaine appelé des Pins, appartenant au seigneur du Poyet, et de là à autre borne près ledit domaine et ensuite à l'étang des Perelles audit seigneur du Poyet, de là au guet Colon, dudit guet Colon en Goudy et de Goudy en remontant le long et par la rivière de Chaudonay jusqu'au pont de Thizy, et en remontant dudit pont par les goûtes Rouchons jusqu'au Trêve du Mort et delà en suivant le grand chemin de Thisy et Charlieu jusqu'au bois appelé Grand Bois, appartenant au seigneur d'Arcis, et dudit bois à la Chamay.
Enquis quels sont les fonds de la cure?
Répondent que le sieur curé jouit :

 1° d'un pré sis audit lieu, de deux mesures environ de Charlieu, joint de matin le chemin de l'église de Saint-Hilaire au presbytère, de vent et soir le chemin de Coutouvre à Charlieu, de bise le jardin de la cure.
2° D'autres prés sis audit lieu d'environ sit mesures, joint de matin le chemin de l'église au château, de vent ledit presbytère, de soir ledit chemin à Charlieu, de bise le pré du sieur Dubech, un chemin entre deux.
3° D'autres prés, même lieu, d'environ quatre mesures, joint de matin la vigne de la cure, de vent le pré du sieur Dubech, de soir ledit chemin tendant au château, de bise la terre dudit sieur.
4° D'une vigne audit lieu de huit mesures environ, joint de matin une terre au sieur Dubech, de son domaine Rivière, un chemin entre deux, de vent le pré dudit sieur, de soir un pré de la cure coté n° 3 et de bise les terres dudit sieur.
5° D'un bois taillis, même lieu, de quinze mesure senviron, joint, de matin le taillis du Girard de Villers, de midi le chemin de l'église de Saint-Hilaire à Villers, de bise le taillis d'Adrien Alex dudit Villers.
Enquis s'il y a des novales
Répond le sieur curé qu'attendu les traités faits par lui et ses prédécesseurs avec le sieur prieur de Chai lieu, les novales sont confondues dans la totalité de la dîme dont il jouit, que néanmoins elles lui appartiennent comme il paraît par la visite de M. de Colbert, l'un de nos prédécesseurs, du 12 juin 1670, laquelle atteste que le sieur curé prend le droit de novales comme l'ont fait ses prédécesseurs ajoutant ladite visite qu'elles étaient disputées au sieur curé depuis quelque temps, et pour la conservation des droits dudit bénéfice, nous lui avons demandé un état desdites novales faites jusqu'à ce jour pour servir ce que de raison et il nous a présenté le suivant :
1° Un tènement de terre qui fut autrefois bois, situé audit Saint-Hilaire, appartenant au seigneur du Poyet, d'environ cinq cents mesures de Charlieu, confine de matin un grand triangle, le chemin de Saint-Hilaire à Nandax, de midi un ancien chemin défriché depuis peu par le granger du domaine de la Joye, tendant de Saint-Hilaire à Vougy et encore de midi jusques à la goute, autrefois étang et à présent pré, appartenant audit seigneur du Poyet, et depuis, ledit lieu s'étend en midi jusqu'environ à deux cents pas du château du Poyet, et de là en remontant par les terres du' Poyet jusques et sur l'étang des Peirelles appartenant audit seigneur, de soir joint la terre et bois dudit seigneur, de bise les bois du même et ceux du sieur Dubech, depuis la croix joignant ledit étang des Peirelles jusqu'au chemin susdit de Saint-Hilaire à Nandax, y compris dans le susdit tènement les maison, bâtiment, jardin et terres de Jean Robin de Saint-Hilaire, étant au-dessous d'icelui chemin.
2° Une terre autrefois bois et broussailles d'environ trois mesures à Claude Noaillères, joint de matin la terre de la veuve héritière de Benoît Duiante, de midi, le même, de soir le chemin de Charlicu à Boyer, de bise le bois du seigneur du Bourg.
3° Autre ci-devant bois et broussailles audit seigneur Dubourg et de son domaine Rebaud, au même lieu, d'environ quinze mesures joint de matin soir et bise les prés, pasquiers et terres dudit seigneur, de midi le pré du sieur Dubech.
4° Autre au seigneur de Ressins et qui fut bois, d'environ quatre mesures, joint de matin les bois dudit seigneur, de midi le pré de la veuve et héritiers Pierre Chabas, de soir la terre dudit seigneur, de bise l'étang d'Assian au seigneur Dubourg.
5° Autre à ce dernier, même lieu, qui fut bois, d'environ six mesures, joint de matin et bise le chemin de Charlieu à Thisy, de vent celui de Saint-Hilaire à Villers, de soir les bois et taillis du seigneur de Ressins et du nommé Tholières, de Villers.
6° Autre audit lieu, à Jean Micod, qui fut pré, de cinq mesures environ, joint de matin le pré du nommé de Ville, de midi le pré dudit Micod, de soir la terre du domaine de la Coste au seigneur de Ressins, de bise le pré d'Etienne Fontample.
7° Autre audit lieu, au seigneur Dubourg, qui fut bois et broussailles, d'environ trois mesures, joint de matin le chemin de Saint-Hilaire à Charlieu, de midi, soir et bise les bois et terres du seigneur Dubourg.
8° Autre au même lieu, du domaine Besson, au sieur Gacon, qui fut bois et broussailles, d'environ huit mesures, joint de matin le fromental dudit domaine, de midi le pré, de soir le chemin du Gai Colon à Charlieu, de bise le bois dudit Gacon.
Enquis s'il y a des coupes de feu et gerbes de passion ?
Répond qu'il ne perçoit point de coupes de feu, mais que pour réciter la passion depuis l'Invention de Sainte-Croix jusqu'à l'Exaltation d'icelle, chaque habitant tenant feu et boeuf paye une mesure de seigle et les autres ne payent rien. Sur quoi le sieur curé nous a fait observer que par la visite de M. de Colbert, ceux qui tiennent quatre boeufs devaient une mesure, ceux qui n'en ont que deux payent deux coupes.
Enquis quels sont les droits curiaux ?
Répondent que par usage ils payent trois livres pour les mariages, remises et sépultures des grands corps, trente sols pour la sépulture des enfants, pour la purification des femmes, non compris l'honoraire de la messe, une poule, et pour le debito de Pâques un sol chaque communiant.
Enquis s'il y a des fondations ?
Répondent qu'il y en a plusieurs et 1° de huit messes basses avec une antienne de la Sainte Vierge à l'issue de chacune, faite par Michel Bernisson et sa femme sous la rente annuelle de quatre livres, par acte reçu Rolland, du 18 avril 1690; coté n° 1.
Ladite rente hypothéquée sur les biens du fondateur, payée aujourd'hui par la veuve Benoît Durantel comme bientenant de Jean Durantel qui l'a reconnue par acte reçu Chabrier, le 29 mai 1726, sous la même cote. Avons réduit ladite fondation à quatre messes basses avec ladite antienne et libera sous le clocher, à l'issue de chacune.
2° Fondation de quatre messes basses avec trois antiennes de la Vierge, faite par Humbert Thoral et sa femme, sous la rente annuelle de trois livres dix sols, hypothéquée sur une terre, lieu dit Patagot ou Berthier, de douze mesures environ, par leur testament reçu Deshaies, du 8 août 1678, et reconnue depuis par Benoît Delacroix et sa femme, par acte reçu Micol, du 29 mars 1683; coté n° Ladite rente payée par Pierre Vilers comme bientenant chargeons le sieur curé de le faire reconnaître.
3° Fondation de six messes basses faite par sieur Claude Durier sous la rente annuelle de trois livres, par acte reçu Deshaies, du 7 décembre 1676 coté no 3.
Le sieur Dubech pour se libérer de ladite rente dont il était chargé comme bientenant du fondateur a cédé une portion de terre aujourd'hui vigne faisant partie d'un fonds échangé contre un ancien fonds de la cure, lequel a été confiné ci-dessus parmi les fonds de la cure ; coté n° 4.
Enquis s'il y a une fabrique et par qui administrée ?
Répondent que Noël Foyvard et Jean Robin ont été nommés fabriciens par les sieurs curé et habitants, par acte reçu Patural, du 1er juillet 1742, et que les revenus de ladite fabrique consistent: 1° en une rente annuelle de quinze livres, léguée par Antoine Delamur, vicaire de la Platière à Lyon, par son testament reçu Page, du 6 avril 1620, coté AA.
Ladite rente hypothéquée sur une maison et héritage proche l'église de Saint-Hilaire, reconnue par Claude Durier et sa femme, par acte reçu Nompert, du 7 juin 1690, coté BB.
Ladite rente récemment reconnue par M. Dubech, seigneur de Saint-Hilaire, comme bientenant, par une quittance passée audit seigneur des arrérages de ladite rente, reçue Desnoyers, du 6 juin 1724, laquelle nous a été exhibée par le sieur Dubech et à l'instant retirée chargeons le sieur curé de lever une expédition de ladite quittance.
2°Les honneurs de l'église vulgairement dits royaumes, accordés au plus offrant, les jours et fêtes de saint Hilaire, de la Décollation de saint Jean-Baptiste et de la Conception de Sainte Vierge sous une redevance en cire, ce qui peut en rendre annuellement vingt-cinq à trente livres.
3° Le produit des quêtes qui se font chaque dimanche et fêtes dans l'église et qui est déposé dans le tronc fermant à deux clefs donc l'une est au pouvoir du sieur curé et l'autre ès mains d'un des fabriciens, duquel nous n'avons pas ordonné l'ouverture, attendu qu'il a été vidé depuis peu.
Et pour augmenter à l'avenir les revenus de ladite fabrique, avons permis d'enterrer dans la nef de ladite église et ordonné que les héritiers de ceux qui désireront y être inhumés, payeront quatre livres à la fabrique, non compris la réparation du pavé et de la fosse, laquelle demeure à la charge deshéritiers.
Et ayant demandé compte auxdits fabriciens de leur administration, ils nous ont dit qu'ils n'en tenaient point, mais que suivant les besoins ils ouvraient ledit tronc et y prenaient l'argent nécessaire pour les dépenses courantes, qu'ils remettaient entre les mains du sieur curé, lequel nous a dit avoir de reste de la dépense neuf livres dix sols, et attendu que cette administration n'est point conforme à l'ordonnance du roi, avons statué que lesdits fabriciens tiendront à l'avenir un compte par articles séparés de recettes, dépenses et reprises, qu'ils représenteront à la réquisition des sieurs curé et notables de la paroisse pour être par eux examiné, clos et arrêté.
Enquis s'il y a un presbytère ?
Répondent qu'il y en a un éloigné de l'église d'environ cent pas, et nous y ayant conduit, nous l'avons trouvé en la situation suivante: un bâtiment composé au rez-de-chaussée d'une petite cuisine, une chambre à côté d'où l'on monte par un degré en bois dans une chambre au-dessus et un cabinet attenant, à côté dudit bâtiment; de soir est une grange où il y a un pressoir et deux cuves appartenant en propre au sieur curé; de ladite grange, on monte à un grenier en bise dudit bâtiment; derrière aussi de bise est une écurie dans la cuisine il y a un four Tous lesdits bâtiments sont en bon état et bien entretenus. Au midi est un jardin et une chenevière y attenante, composant le pourpris de la cure, avec une petite cour et un puits; le tout avec les bâtiments de contenue environ quatre mesures, confine de soir le chemin de l'église de Saint-Hilaire à Charlieu, de bise l'allée du château, de midi et matin les prés et vignes de la cure.

Enquis s'il y a des indulgences, reliques et confréries dans ladite église.
Répondent qu'il n'y en a point, et le sieur curé a signé.
ALEX, curé de Saint-Hilaire.
Ensuite le sieur curé s'étant retiré nous avons interrogé les habitants comme s'ensuit.
S'il fait sa résidence actuelle dans ladite paroisse et ne fait point d'absence préjudiciable au bien d'icelle ?
Répondent qu'il s'en absente rarement.
2° S'il a soin de visiter les malades, de leur administrer les Sacrements et si personne n'en est mort privé par sa faute?
Répondent qu'il est attentif à procurer les secours spirituels aux malades, qu'ils ne savent personne mort privé des Sacrements par sa faute.
3° S'il dit la messe et les vêpres fêtes et dimanches aux heures marquées par les ordonnances du diocèse?
Répondent qu'il dit quelquefois la messe à sept heures du matin, qu'à l'égard des vêpres il est exact aux heures marquées.
4° S'il fait régulièrement les prônes et catéchismes conformément à notre dernière ordonnance ?
Répondent qu'il n'y manque point.
5° S'il acquitte les fondations ?
Répondent qu'ils ne se sont aperçus d'aucun manquement à cet égard.
Lectures faites auxdits habitants du contenu ci-dessus, ont dit qu'il était exact et conforme à la vérité et ont signé avec nous ceux qui l'ont su et non les autres pour ne le savoir, de ce enquis, signé :
H. C., évêque de Mâcon ;

l'abbé de BULLY, vicaire général;
DUBEC;
FOUIARD ;
 ROBIN;
CHAVOIN;
BOYZET;
DEVILLE;
DEVILLE fils;
DURANTET ;
 PLASSARD, vice-promoteur.
Après quoi nous avons interrogé le sieur curé seul comme s'ensuit :
1° De ses nom, âge, diocèse, ordination, provision et prise de possession de ladite cure.
Répond qu'il s'appelle Benoît Alex, né à Coutouvre diocèse de Mâcon, en 1713, ordonné prêtre par nous en 1737, pourvu de ladite cure par résignation et pris possession d'icelle sur notre visa, le 17 mars 1742, le tout justifié par titres à nous exhibés et à l'instant retirés.
2° Si ses paroissiens observent la sanctification des fêtes et dimanches?
Répond que plusieurs entendent les offices de dessus le cimetière, qu'ils assistent rarement aux messes et instructio de la paroisse, et qu'à cause de la proximité de Charlieu, ilsabandonnent souvent le service de la paroisse.
3° S'il n'y a point de protestants ou quelqu'un qui ait manqué au devoir pascal ?
Répond qu'il n'y en a point.
4° S'il n'y a point de fêtes de dévotions dans ladite paroisse ?
Répond que les habitants chôment le jour de la Décollation de saint Jean-Baptiste.

5° Enquis s'il n'y a point de sage-femme suffisamment instruite pour administrer le baptême en cas de nécessité ?
Répond qu'il y en a une.
Ensuite ayant demandé audit sieur cure les registres des baptêmes, mariages et sépultures, il nous a exhibé les suivants :
1° un registre dans lequel on a joint ensemble des cahiers en papiers, de différentes grandeurs, reliés ensemble, depuis l'année iG32 jusqu'au mois de janvier 1730, les actes et les années sont de suite, excepté qu'il manque l'année entière 1718 et partie 1719. Les actes de mariages et sépultures sont séparés de ceux de baptêmes dans les premiers cahiers il règne beaucoup d'inexactitude dans les actes du sieur Foyvard et les années qui ont précédé 1718 ne sont pas complètes.

Un volume où sont rassemblés les actes depuis le mois de janvier 1730 jusqu'au mois de décembre 1742, suivis et en ordre.
Les années suivantes jusques à la courante sont réunies ensemble, suivies en ordre et closes régulièrement.
Enquis s'il y a quelques autres titres concernant la cure ?
Répond qu'il a les suivants :
 1° Deux traités faits entre les sieurs curés de Saint-Hilaire et les sieurs prieurs et couvent de Charlieu, par laquelle la dîme est abandonnée au sieur  curé sous une refusion audit couvent, le premier reçu Alimonières, du 13 mars 1732, l'autre reçu Audibert, le 26 mai 1742, cotés B.
2° Echange fait entre le seigneur de Saint-Hilaire et le sieur curé en vertu de laquelle celui-ci jouit d'un pré confiné ci-dessus parmi les fonds de la cure no 2, et donne en contr'échange le fonds où est plantée l'allée du château, reçu Deshaies, du 25 septembre i665, coté C.
3° Acte d'échange et contr'échange en vertu duquel le sieur curé jouit d'une vigne ci-dessus confinée  parmi les fonds de la cure n°4, dont partie est chargée de la fondation dudit sieur Durier par ledit échange, reçu Arcellin, du 4 mai 1728, coté D.
Lesquels titres à nous exhibés ont été à l'instant retirés par le sieur curé qui en demeure chargé et a signé avec nous.
H. C., évêque de Mâcon ;  l'abbé de BULLY, vicaire général PLASSARD, vice-promoteur.