Les tribulations du curé de St Hilaire

les tribulations du curé.jpgAu mois de septembre 1719 je fus nommé et pris possession de la cure de Saint Hilaire.
Je fis dresser verbal de la totale ruine du presbytaire qui étoit tout découvert et qui avoit pour tout appartement une chambre haute sans plancher, ni portes ni fenestres.
A coté de cette chambre on y mettoit du foin et en bas il y avoit deux petites écuries de chèvres de la hauteur seulement de quatre pieds.
Je ne pus m’en prendre aux héritiers de mon prédécesseur pour les réparations, puisqu’il étoit presqu’en aussi mauvais état lorsqu’il en prit possession, dont il avait aussi fait dresser procès-verbal.
Je demeuray deux ans dans la maison qu’il avoit fait batir et ensuite au château quatre ans et fus obligé d’en sortir parce que Monsieur Dubec y veint résider.
Je représentai de nouveau ma triste situation à l’Evesque Lequel instruit de mon bon droit et du mauvais cœur de mes habitants me permit d’aller demeurer à Charlieu où j’ay demeuré près de trois ans à l’abbaye avec deffense qu’il me fit d’aller dire la messe à St Hilaire que tous les quinzes jours en punition qu’on ne me logeait pas selon qu’il leurs avoit ordonné, voulant même interdire l’Eglise ce que j’empêchay à cause des bons qui aussi bien que les autres étaient dans l’embarras d’aller chercher la messe et de m’appeler pour leurs malades .
Quand je vis que les Seigneurs empêchoient auprès de l’Intendant que mes requestes naissent leurs effets je m’adressais à Monseigneur le Contrôleur Général qui enjoignit à Mrs l’Intendant de faire faire la visite de mon presbytaire sans délais.
Il la fit donc, verbal fut dressé les réparations criées au Rabbais et l’adjudication faitte des dites réparations pour la somme de six cent quarante cinq livres, interveint un arrest du Conseil privé qui confirma ladite adjudication et ordonna que la somme se leveroit sur tous également exemptés et non exemptés privilégiés et non privilégiés, ce qui fut fait et de plus condamnés à payer tous mes loyers à raison de 30 livres par an et à faire tous les charrois à peine de cinquante livres damande, ce que j’ai bien fait exécuter.

Je prie mes successeurs de dire quelques fois pour le salut de mon ame.
RESQUIESCAT IN PACE