La galette des rois

rois-mages.jpgUne origine religieuse

La galette des Rois a une origine chrétienne. Mais aujourd’hui, la tradition de la galette des Rois est bien plus culinaire que religieuse.
L’histoire de la galette remonte à l’Antiquité romaine. Pendant la fête païenne des Saturnales (ce sont les fêtes romaines dédiées au dieu Saturne de la fin du mois de décembre et au début du mois de janvier), les Romains désignaient un esclave comme « roi d’un jour ». Les Saturnales étaient en effet une fête d’inversion des rôles. L’heureux élu pouvait alors commander à manger tout ce qui lui faisait envie. Les Romains partageaient un gros gâteau rond, doré comme le soleil.
A la fin du 4ème siècle, l’Église interdit ces fêtes païennes, mais les remplaça par une célébration religieuse. Dès le 5ème siècle, l’Église accorda une importance considérable à cette tradition qui se tint le jour de l’Epiphanie, soit le 6 janvier. L’Epiphanie (qui vient du grec manifestation ou apparition) est une fête chrétienne, c’est le jour où l’on commémore la visite des trois rois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar (qui n’avaient rien de rois, c’était plutôt de sages astrologues) venus porter 3 présents à l’enfant Jésus : de la myrrhe, de l’encens et de l’or.
Longtemps, le 6 janvier (Epiphanie) fût plus important que le jour de Noël. Encore actuellement, en Espagne ce sont les Rois mages qui apportent les cadeaux à l'Epiphanie et non à Noel. Les Rois Mages sont bien plus importants dans le coeur des enfants espagnols que le Père Noel et le 6 janvier est l'occasion d'une grande fêtes et de défilés dans les rues espagnoles.

galette-des-rois.jpg La galette
La galette ronde, plate et dorée symbolise le soleil et le retour à la lumière après les longues nuits d’hiver.
A l’origine, la galette, ronde et plate, était faite de pâte plutôt lourde. Elle s’allégea et prit par la suite différentes formes et recettes: feuilletée, demi-feuilletée, dite « de plomb », bâtarde, de Madrid, de Suisse, bretonne, normande, fondante, du Périgord, salée…

La recette la plus connue de la galette feuilletée à la frangipane vient de Marie de Médicis, la seconde épouse d’Henri IV. En quittant l’Italie, elle se fit remettre la recette d’une crème à la poudre d’amande, élaborée par le cuisinier de son plus proche soupirant, le comte Frangipani. La recette fut adoptée par la Cour de France.
Généralement, au Nord on mange la galette feuilletée à la frangipane et au Sud, la brioche en forme de couronne. En Provence, on trouve surtout la pâte briochée, ornée de fruits confits, sous les noms de pogne de Romans, fougasse, pompe de Provence.

Origine de la fève

Si elle porte ce nom, c'est parce qu'on plaçait à l'origine une véritable fève, un haricot blanc ou un pois chiche dans le gâteau. Les premières fèves en porcelaine ne sont apparues qu'après le Second Empire, en 1875. Au départ, elles étaient fabriquées selon des modèles en nombre restreint, évoquant la chance (trèfle, fer à cheval), la richesse (voiture), l'amour (roi ou dame de cœur), le pouvoir (reine, couronne, château) ou, bien sûr, la vertu (Enfant Jésus). À partir des années 1960, les formes, les motifs, les couleurs et les matières se sont multipliées à tel point que tout est possible ! L'imagination est laissée libre et des collectionneurs rassemblent désormais des milliers de figurines différentes.

Enfin, la fève n'était pas autrefois cachée dans la galette mais dans un sac où l'on mélangeait par exemple un haricot noir ou rouge au milieu de haricots blancs, autant au total que de personnes présentes. C'était, comme aujourd'hui, un enfant qui " tirait les rois " : il plongeait la main dans le sac et sortait un par un les haricots du sac en nommant les convives. Lorsqu'il sortait la fève noire ou rouge, on s'écriait " Vive le roi ! " et on fêtait tout le jour celui que le sort avait désigné. Le gâteau n'était partagé qu'ensuite.
En Angleterre, comme en Bourgogne, anciennement, on préférait former un couple "d'occasion" en mettant dans la galette une fève et un petit pois.
Au passage, savez-vous comment s’appellent les collectionneurs de fèves ? Ce sont des fabophiles.

La part du pauvre
On dit souvent qu'il faut découper la galette en prévoyant une part de plus qu'il n'y a de convives : c'est la fameuse " part du pauvre ". Autrefois en effet, les plus malheureux allaient ce jour-là de porte en porte demander " La petite part, La petite bouchée, La part du Bon Dieu, Pour l'amour de Dieu ". Gare à celui qui ne voulait rien offrir ! Les quêteurs chantaient férocement :

Si vous ne voulez rien nous donner,
Nous irons au jouc aux poules,
Nous prendrons tous vos chapons.  (Poitou)
Ou bien:
Que
Dieu vous donne
Diarrhée mortelle
Jusqu'à l'autre Noël !  (Charentes)

En revanche, les pauvres chantaient un remerciement s'ils étaient bien reçus:
Salut à Messieurs et Dames d'honneur,
Je vous donne le bonsoir de grand cœur,
Divertissez-vous bien dedans ce saint jour.
Il y avait aussi la part des absents:le fils aux armées, le parent sur un vaisseau du roi, le pêcheur qui n'était pas rentrés. La part était rangée dans la huche jusqu'à leur retour, une façon tendre de dire "on a pensé à vous". S'il se gardait longtemps, sans s'émietter et sans moisir, c'était un bon présage.
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