Habitat milieu 20eme

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Dans la plupart des fermes, l’habitation se compose du rez-de-chaussée avec la cuisine, une grande pièce et l’évier. A l’étage 2 ou 3 chambres selon la famille.
Dans la région, il n’y a pas d’ameublement caractéristique, dans la cuisine, la cuisinière à bois avec son four et sur le côté la bouillotte, réserve d’eau d’environ 15 à 20 litres, ce qui permettait de toujours avoir de l’eau chaude pour la vaisselle et d’autres usages. Sur la cuisinière en permanence la bouilloire de 3 ou 4 litres, c’est aussi une source d’eau chaude utilisée pour faire le café et d’autres petits soins. Dans un coin de la pièce, le bûcher ou la caisse à bois pour stocker les bûches pour la journée, des bûches coupées à environ 20 cm.
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Autres moyens de réchauffage, la lampe à alcool et des petits réchauds électriques ronds avec une résistance (Calor), ils servaient au cours de la journée pour réchauffer le café, également les premiers «butagaz ».
Prés de la fenêtre, la table. Sa grandeur indique l’importance de la famille, elle a deux tiroirs, un pour le pain et l’autre pour les couverts. Les hommes ont toujours leur couteau dans la poche. Parfois un banc de chaque côté de la table et des chaises en paille. Un buffet ou une armoire complète l’ameublement. Dans les cuisines où subsiste la cheminée, elle ne sert plus, sur le manteau, on y voit diverses choses : lampe pigeon, bougeoir, savon de Marseille qui sèche, des revues. Dans chaque cuisine, il y a un Christ avec un rameau de buis bénit le jour des rameaux (le dimanche avant Pâques). Il y a aussi le calendrier des postes et parfois plusieurs autres publicitaires.
Parfois un évier se trouve dans la cuisine, il est en pierre peu profond, placé dans un renfoncement d’un mur, une partie le traverse et égoutte à l’extérieur (le bresseuron), souvent, au dessus, une petite ouverture, un œil de bœuf de 20 à 30 cm de diamètre, il donne un peu de lumière et permet de voir qui arrive dans la cour. Aussi, parfois, pour se laver les mains et « le bout du nez », une fontaine en tôle émaillée qui contient entre 5 à 10 litres d’eau, avec un robinet en laiton et dessous un récipient en même matière recueille l’eau.

comtoise.jpgDans la cuisine, l’horloge, avec son cadran émaillé ou est inscrit le nom et l’adresse du vendeur, un horloger de Charlieu ou des environs. Le balancier en cuivre ouvragé égraine les secondes au son du tic tac du mouvement qu’il faut remonter chaque semaine, un côté le poids des aiguilles, de l’autre, celui de la sonnerie qui a chaque heure et demie heure est là pour rythmer la vie et faire patienter pendant les heures d’insomnie.
Lorsque le modernisme a fait que ces horloges ont été remplacées, elles ont été très recherchées par les antiquaires et aussi les voleurs.
La grande pièce, c’est la salle à manger, utilisée pour les repas de fêtes de famille et des battages et vendanges. Il y a une table, souvent à rallonges et une armoire ou un buffet. L’armoire provient souvent des parents ou grands parents. Chez les gens modestes, il n’y a pas de meubles spécifiques pour cette pièce.
La pièce appelée « évier » c’est le laboratoire, on y trouve l’égouttoir à fromages avec un baquet qui récupère le petit lait pour les cochons, la baratte, l’écrémeuse, les pots de lait en train d’écailler, un évier avec chez certains, une pompe à main qui amène l’eau du puit, ou mieux, elle est électrique mais dans les années 40, c’est très rare.

S’il n’y a pas de cave correspondant avec la cuisine, on y trouve aussi le saloir et le garde manger, cage en grillage très fin qui protège les aliments des mouches. Quelques fois le pétrin se trouve à la cuisine, il sert de table sinon il est au fournil.
Les chambres sont du domaine privé, à part la famille, y ont accès le médecin et le prêtre dans quelques cas.
Pour la toilette, pas de salle de bain. Pour les toilettes  c’est « la cabane au fond du jardin » que chante Laurent Gerra, le plus c’est un petit édifice sur la fosse à purin près de la plate forme à fumier. Dans les années 90, certaines maisons n’avaient encore rien de ce minimum.toilettes.jpg

Extrait du livre « Saint Hilaire sous Charlieu au milieu du 20eme siècle » de Paul Marchand (de St hilaire)